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12 secrets de l’esprit riche : il y a presque 100 ans, ce journaliste a interviewé 500 millionnaires!

12 secrets de l'esprit riche : il y a presque 100 ans, ce journaliste a interviewé 500 millionnaires - https://missionamesoeur.fr - Stefano PRATT

12 secrets de l’esprit riche : il y a presque 100 ans, ce journaliste a interviewé 500 millionnaires

Napoleon Hill avec Thomas Edison
Napoleon Hill avec Thomas Edison

Je cherchais un livre de marketing international dans le rayon dédié à l’économie et, comme par hasard, j’ai remarqué un petit bouquin bleu portant un titre que je ne comprenais pas trop mais qui m’attirait : «Réfléchissez et devenez riche». Je l’ai acheté et j’ai commencé à le lire. Ce petit livre a changé mon histoire personnelle en changeant mon rapport à l’argent.

Je voyais l’argent comme quelque chose de difficile qui me limitait et pensais que, pour en gagner, je devais souffrir et faire beaucoup d’efforts. Par conséquent, ma réalité quotidienne ressemblait pas mal à cela.

Napoleon Hill était journaliste et a, entre autres, écrit ce livre, un des plus lus à ce jour sur le thème de la richesse. Il a interviewé 500 millionnaires vivant aux États-Unis au début du siècle passé, des personnes comme Theodore Roosevelt (président des États-Unis à l’époque), Thomas Edison (inventeur, entre autres, de la 1ère ampoule électrique), John D. Rockefeller (pétrolier), Henry Ford (inventeur de l’industrie moderne et de la première voiture de grande série pour le plus grand nombre), Alexander Graham Bell (commercialisation du téléphone), King Gillette (inventeur des rasoirs portant le même nom) ou encore Andrew Carnegie (industriel de l’acier, probablement l’homme le plus riche au monde du temps de Napoleon Hill). Une des choses les plus étonnantes que Napoleon Hill a découvertes est que toutes ces personnes partageaient la même façon de penser par rapport à l’argent. Même si, dans la vie, elles n’étaient d’accord sur rien, elles ont toutes admis que leur succès était dû à l’application du même principe : il faut développer un esprit riche avant de pouvoir devenir riche. Cela expliquerait pourquoi, si vous n’apprenez pas à penser de façon différente, et par conséquent à être différent, peu importe les efforts que vous faites, votre situation économique ne pourra jamais changer.

Napoleon Hill avait comme mentor Andrew Carnagie, l’homme le plus riche de la planète à l’époque. Celui-ci lui confia la mission de développer la «loi du succès». À cette fin, il lui ouvrit les portes afin qu’il rencontre les hommes les plus riches et puissants de leur temps. Napoleon Hill entreprit alors une recherche qui dura plus de 20 ans avant de publier son livre «Réfléchissez et devenez riche», lequel fut vendu en des millions d’exemplaires partout dans le monde et est encore aujourd’hui le livre le plus lu sur le sujet.

Un petite précision, ces règles sont issues de la vie de personnes extrêmement riches qui ne l’étaient pas déjà à leur naissance, des personnes qui sont parties du bas de l’échelle, et même de vraiment tout en bas, et qui sont arrivées au sommet.

1. Désir : vous devez le vouloir.

J’ai grandi dans un environnement où l’idée de base par rapport à l’argent est que vous ne pouvez pas vous enrichir si vous n’êtes pas déjà riche. Pour les riches interviewés par Napoleon Hill, ceci n’est qu’un mensonge ! Le désir se transforme en son équivalent monétaire. L’argent en lui-même n’est qu’une matière inerte, et d’ailleurs aujourd’hui il a même été dématérialisé… C’est une forme d’énergie que nous pouvons attirer et canaliser. Tous ces millionnaires ont commencé avec une envie, un rêve, un plan, un projet, avant de pouvoir devenir riches. C’est-à-dire qu’ils ont tous imaginé la richesse avant de pouvoir l’avoir dans leur vie. Le fait de nourrir un désir de richesse n’amène pas la richesse, mais si ce désir est si fort qu’il devient presque une obsession, et qu’en parallèle il y a un plan pour atteindre le résultat ainsi que la constance pour ne jamais accepter d’avoir failli, alors, presque certainement, cela apportera la richesse. Nourrissez vos rêves, soyez un rêveur. Les plus riches étaient des rêveurs au départ et personne les croyait ou ne les aidait.

2. Confiance : croyez sincèrement pouvoir atteindre votre rêve.

La richesse commence par une pensée et elle est limitée exclusivement par les limites que nous lui imposons. Pour éliminer ces limites, il faut y croire. Devenir riche commence dans votre esprit et plus précisément lorsque vous développez la croyance positive que vous pouvez acquérir beaucoup de richesses. Si vous croyez en vous et en ce que vous faites, votre confiance dissipera toute limite.

3. Autosuggestion : utilisez des affirmations pour rendre votre rêve «réel».

Si vous voulez transformer votre désir de richesse en réalité, vous devez apprendre comment reprogrammer votre inconscient à travers des phrases que vous répétez et des «mantras» qui vous aident à vous focaliser sur votre objectif et à le rendre «toujours plus présent» jusqu’à ce qu’il devienne votre réalité. Votre désir devient alors une obsession.

4. Connaissance spécialisée : continuez toujours à apprendre.

La connaissance vous donne un pouvoir potentiel. Quand elle est organisée et appliquée, elle devient alors un vrai pouvoir et vous devez toujours l’augmenter. Les personnes à succès n’arrêtent jamais d’acquérir de nouvelles connaissances liées à leur objectif ultime. Ceux qui n’atteignent pas le succès font souvent l’erreur de penser qu’une fois que nous avons eu notre diplôme, nous avons déjà appris ce qu’il y a à savoir. Ce qui revient à dire que nous pouvons confiner l’apprentissage à une période spécifique de notre vie. Ce n’est pas le cas. Jim Rohn, coach financier et mentor notamment de Tony Robbins, disait : «Les personne riches ont de grandes bibliothèques, les personnes pauvres de grandes télés…»

5. Imagination : cultivez vos idées et apprenez à visualiser votre succès.

Si vous pouvez l’imaginer et le visualiser, vous pouvez le faire. Chaque fortune a commencé par une idée. Les idées sont le produit de l’imagination. Les seules limitations à ce qu’un homme peut concevoir et accomplir se trouvent dans son imagination. Parfois, nous avons peur de vouloir croire en une de nos idées et alors il faut imaginer que si nous considérons aujourd’hui que la société Apple est une des entreprises les plus riches en termes de revenus de la planète, elle a cependant démarré avec deux personnes travaillant dans leur garage. Si l’absence de diplôme ou de compétences techniques vous freine, souvenez-vous que Steve Jobs n’était pas ingénieur et qu’il n’a jamais terminé ses études. Même chose pour Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook), Thomas Edison, Henry Ford et beaucoup d’autres. Vous n’avez pas besoin d’être un génie ou de réinventer la roue, juste de croire en vos idées.

6. Planification : passez à l’action.

Une fois que vous avez visualisé votre succès, vous devez passer à l’action et chercher à accomplir exactement ce que vous voulez. Vous devez agir avec constance et enthousiasme, ce sont les deux forces qui vont vous permettre de réussir. Plein d’opportunités se sont présentées avant que vous ayez décidé de prendre cette voie et d’autres se présenteront. Vous en raterez plusieurs, mais vous en saisirez d’autres si vous vous trouvez au bon endroit au bon moment. Rappelez-vous, constance et enthousiasme. Il n’y a pas vraiment d’autres possibilités et n’ayez pas peur de vous tromper. Vous allez le faire, et souvent. Beaucoup d’entre nous sont bons pour commencer quelque chose, mais très mauvais pour terminer ce qu’ils ont commencé, vous devez aller jusqu’au bout (constance). L’enthousiasme est essentiel, car sans enthousiasme, même en faisant l’impossible en terme d’efforts, nous ne pouvons pas convaincre les autres de nos idées, de notre projet, de notre produit; bref, nous ne pouvons pas avancer. L’enthousiasme est contagieux et celui qui sait comment le canaliser est généralement bien accueilli par tout le monde. 

7. Décision : surmontez la procrastination avec votre fermeté.

Les personnes qui atteignent la richesse ont investi du temps afin d’avoir une vision claire de ce qu’elles veulent, et de ce fait, elles sont capables de prendre des décisions rapidement et de rester cohérentes avec leurs décisions dans le temps. Elles ont alors tendance à obtenir exactement ce qu’elles veulent. Ce qui se passe avec «les gens dans la moyenne», c’est qu’ils ont du mal à prendre des décisions (manque de focus) et changent facilement d’idée (manque de cohérence et de constance). Ils n’obtiennent donc pas exactement ce qu’ils veulent, mais exactement ce que quelqu’un d’autre veut pour eux. Un dernier mot. Beaucoup d’entre nous, moi compris, attendons que le bon moment se présente avant de nous lancer dans quelque chose car, encore une fois, nous avons peur de faire des erreurs. D’autre part, l’école nous a tous formé de la même manière : l’erreur est punie et l’absence d’erreurs est récompensée. Le problème, c’est que quand il s’agit d’attirer la richesse, nous n’avons pas le choix, nous devons apprendre de nos expériences, c’est-à-dire de nos erreurs. Alors, ce ne sera jamais le bon moment pour le faire; lancez-vous et corrigez la trajectoire tout au long du chemin.

8. Constance : ne vous arrêtez pas tant que vous n’avez pas obtenu ce que vous voulez.

Avant que le succès n’arrive, nous devons supporter un certain nombre de défaites. La plupart de ceux qui veulent prendre cette voie se laissent décourager et abandonnent leur rêve. La constance est capitale si vous souhaitez créer et garder votre richesse. La réalité, c’est que peu de monde a la force de volonté nécessaire pour transformer son désir de richesse en richesse réelle. La bonne nouvelle est que nous pouvons développer notre force de volonté et apprendre à être plus focalisés. Les riches transforment leurs rêves et visions en plans bien structurés et précis, ils agissent constamment pour réaliser leurs plans et les font évoluer en tenant compte de ce qu’ils apprennent au cours de ce processus. Tout comme «les gens dans la moyenne», ils détestent perdre et échouer, mais ils ne s’arrêtent pas suite à une défaite. Ils n’ont pas peur de perdre. Par conséquent, ils perdent et échouent beaucoup plus que «les gens dans la moyenne», et c’est pour cela qu’ils finissent par réussir. Si votre premier plan échoue, passez au deuxième. Si le deuxième échoue, élaborez un nouveau plan jusqu’à ce que vous ayez trouvé ce qui marche pour vous. Si vous vous laissez bloquer par les défaites et que vous démissionnez, vous ne pourrez jamais réussir.

9. Le pouvoir du mastermind : développez un réseau de personnes avec qui échanger pour réaliser votre projet.

Les riches veulent avoir autour d’eux des personnes comme eux, c’est-à-dire d’autres personnes qui ont vécu les mêmes défis ou qui sont en train de les vivre. Il s’agit de personnes qui ont la même vision que vous et que vous pourriez ne pas encore connaître. Le principe derrière le mastermind, l’alliance des cerveaux, est que «le tout est plus que la somme des parties». La rencontre de plusieurs esprits créatifs fait grandir exponentiellement tout les participants à cette rencontre. Il s’agit d’une influence positive pouvant être expliquée entre autres par le phénomène de la neuro-plasticité, laquelle est l’objet d’étude de plus en plus de recherches. Le cerveau se modifie lui-même par rapport à ce qu’il apprend et aux influences provenant de l’extérieur. Imaginez l’influence qu’ont aujourd’hui sur votre esprit les personnes autour de vous. Votre patron au travail, vos collègues, les membres de votre famille, etc. vous font des commentaires négatifs par rapport à vos capacités ou concernant la possibilité pour quelqu’un qui veut devenir riche d’atteindre ce résultat s’il n’est pas déjà riche de famille ou sans être malhonnête. Jim Rohn disait que pour comprendre pourquoi vous êtes où vous en êtes dans votre vie, il suffit de voir qui sont les cinq personnes avec qui vous passez la plupart de votre temps. La réalité est que nous devenons comme les personnes avec qui nous passons notre temps; alors choisissez bien quel type d’influence vous voulez dans votre vie. L’influence des personnes plus avancées que vous sur la voie de la richesse peut vous faire épargner des années d’efforts et faire exploser vos revenus.

10. Le mystère de la transmutation sexuelle : sachez bien diriger votre énergie.

L’énergie sexuelle est une des forces les plus puissantes qui poussent les êtres humains à l’action. Quand cette force est gouvernée et dirigée vers vos objectifs, elle peut augmenter considérablement votre créativité, votre passion, votre enthousiasme et votre résistance, toutes des caractéristiques essentielles pour devenir riche lorsqu’on démarre de zéro. Si en revanche elle est mal dirigée, vous ne risquez pas seulement de perdre ses effets positifs, vous risquez également de vous éparpiller, de perdre du temps (peut-être même des années) et de perdre votre focus et de motivation.

11. Votre inconscient : préservez l’écologie de votre esprit.

Si vous voulez vraiment devenir riche, vous devez planter ce désir dans vote inconscient et le nourrir d’émotions positives. L’inconscient n’apprend pas de façon rationnelle, mais à travers les émotions et la répétition. C’est pour cela que les affirmations sont un outil génial pour pouvoir reprogrammer votre inconscient. L’erreur la plus courante que font «les gens dans la moyenne» est qu’ils programment leur inconscient pour la pauvreté. Le cerveau ne reconnaît pas les négations. Ainsi, pour lui, «Je ne veux plus être pauvre» devient «Je veux être pauvre». À chaque fois que vous ressentez la sensation de manque, vous êtes en train de programmer votre inconscient pour en avoir davantage. Vous devez à l’inverse trouver la façon de ressentir l’abondance où vous vous trouvez. Vous devez nourrir votre inconscient avec votre vision de richesse en l’énergisant avec vos émotions jusqu’à ce qu’elle vous semble réelle. Pour votre inconscient, tout comme quand vous rêves, il n’y a pas vraiment de différence entre quelque chose que vous avez imaginé et quelque chose que vous avez vécu dans la réalité. Nous apprenons à travers nos sens, nous pouvons les diriger vers la réalité extérieure ou vers l’intérieur. Il s’agit de voir et de vivre le film de votre succès, y croire, afin de pouvoir transformer votre réalité. Souvenez-vous que les émotions positives et négatives ne peuvent pas coexisterNe laissez pas les émotions négatives dominer votre esprit.

12. Ouverture d’esprit : soyez ouvert au changement.

Pour «les gens dans la moyenne», l’argent est tabou et génère toutes sortes de comportements négatifs et criminels. Il est donc négatif. De plus, pour eux, il est souvent une cause de stress. Les riches voient l’argent comme quelque chose de neutre; ni bon, ni mauvais. Pour eux, il est source de tranquillité et de liberté. Les riches suivent leur passion, laquelle leur permet d’atteindre la richesse. «Les gens dans la moyenne» ont un job pour gagner de l’argent et attendent souvent d’arriver à la retraite pour arrêter de faire un travail qu’ils détestent. Le secret des personnes extrêmement riches est qu’ils trouvent ce qu’ils aiment faire et ensuite ils trouvent la façon de pouvoir continuer à faire ce qu’ils aiment en étant payés pour le faire.

En arrivant à ce point de l’article, vous aurez peut-être remarqué que, même si je vous parle de richesse, je ne parle jamais vraiment d’argent. Pourquoi ? Parce que si nous nous focalisons sur l’argent, nous ne pouvons pas en attirer. Napoleon Hill dit que ce n’est qu’une question d’esprit, de «technologies de l’esprit». Avant de terminer, je voudrais partager les mots du discours que Steve Jobs, créateur d’Apple, avait donné à l’université de Stanford en 2005. C’est pour faire un petit exercice.

Dans son discours, Steve fait le résumé de sa vie. Retrouvez les principes de la «loi du succès» de Napoleon Hill (écrite en 1937) en action dans la vie de Steve Jobs :

« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. À vrai dire, je n’ai jamais terminé mes études supérieures. En fait, aujourd’hui, c’est la première fois de ma vie que j’ai réussi à m’approcher autant d’une remise de diplômes. Je veux partager avec vous aujourd’hui trois histoires qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois histoires.

« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

La première parle de connecter les points, de faire les liens. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.

Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement, c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçai, j’abandonnai les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.

Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.

Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.

On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »

Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.

C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.

Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.

Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.

Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.

Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Si vous ne l’avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »

Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans le miroir le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est «non» pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.

Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. À 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui dans le «code» des docteurs veut dire : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.

J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.

Ce fut mon seul contact avec la mort et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au paradis n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.

Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.

Soyez insatiables. Soyez fous.»

Pour en savoir plus :

Réfléchissez et devenez riche (N. Hill)

Steve Jobs (W. Isaacson)

Débranché : Les secrets d’un champion du business (R. Branson)

J’aimerais bien connaître l’avis de la communauté web de missionamesoeur.fr quel est votre plus grand défi par rapport à l’argent? Laissez votre commentaire ci-dessous.